Entre 2012 et 2016, le nombre de tués dans la circulation a chuté en Belgique pour passer de 770 à 637. Quant au nombre d’accidents corporels, il a également régressé puisqu’il est passé de 44.234 à 40.096. L’on peut logiquement s’attendre à ce que le sentiment subjectif d’insécurité suive la sécurité routière objective. Or les résultats de la présente enquête ne viennent pas confirmer cette hypothèse.

Le sentiment d’insécurité stagne pour tous les modes de transport. Les utilisateurs de deux-roues se sentent particulièrement en danger sur les routes belges, ce qui reflète en partie le risque relatif auquel sont exposés ces usagers vulnérables. En effet, d’après les calculs de l’institut Vias, un cyclomotoriste ou un motocycliste court, par kilomètre parcouru, 57 fois plus de risques d’être grièvement blessé dans la circulation qu’un automobiliste moyen. Chez les cyclistes aussi, le risque de lésions graves est multiplié par 23. En procédant à une analyse par province, nous avons observé que les conducteurs de deux-roues se sentent plus en insécurité dans quasiment toutes les provinces wallonnes que dans les provinces flamandes.

Les résultats concernant le comportement en matière de déplacement indiquent clairement que le Belge compte en premier lieu sur la voiture pour se déplacer. La part en pourcentage des autres modes de transport reste toujours très restreinte en 2017 à l’exception de la Région de Bruxelles-Capitale où il y a un meilleur équilibre entre les différents moyens de déplacement.
Le vélo mais aussi le vélo électrique gagnent en popularité, surtout dans les provinces flamandes. Les Wallons rapportent davantage un comportement dangereux dans la circulation. Nous enregistrons, dans ce cadre, des différences significatives au niveau de la fréquence à laquelle les personnes interrogées avouent conduire trop vite ou sous l’influence de l’alcool.
Le Belge n’est pas favorable à une généralisation d’une zone 30 dans le centre des grandes villes ni au fait que les cyclistes peuvent franchir un feu rouge si des panneaux les y autorisent. Il est remarquable de noter qu’ils sont plus nombreux à être contre ces mesures qu’il y a un an.

Globalement, ces résultats montrent une fois de plus que l’insécurité routière reste un problème de sécurité subjective majeur dans la société. Les Belges exigent à juste titre une intensification des efforts pour garantir la sécurité. Ils sont nombreux à vouloir plus de contrôles vitesse et alcool. L’obligation pour les récidivistes d’installer un éthylotest antidémarrage à bord de leur véhicule rencontre une importante adhésion sociale. Tout ceci doit rendre nos routes plus sûres pour tout le monde.